par brigand » Mer Mai 12, 2010 17:39
La préparation des Bleus divise les spécialistes
A l'exception d'une courte semaine à Tignes, l'absence d'acclimatation de l'équipe de France de football à l'altitude pour la Coupe du monde divise les spécialistes, d'autant que cette stratégie est minoritaire parmi les équipes engagées.
Le traditionnel stage d'oxygénation à Tignes, du 18 au 25 mai, "sera parfaitement inutile" pour préparer les Bleus aux matches qu'ils disputeront au-delà de 1000 mètres d'altitude en Afrique du Sud, tranche Véronique Billat, directrice d'une unité de physiologie de l'exercice à l'Inserm.
Grégoire Millet, chercheur à l'Institut des sciences du sport de Lausanne (Suisse), juge lui aussi cette semaine "beaucoup trop courte et trop éloignée de la compétition" pour que les joueurs améliorent leur endurance en fabriquant des globules rouges supplémentaires.
Mais si nombre d'équipes seront dans la même situation avant le Mondial -avec de courts stages en montagne surtout dédiés à "la communication et la cohésion de groupe", selon M. Millet- 22 des 32 formations engagées séjourneront en altitude pendant la compétition, à l'inverse de la France.
Les Bleus ont opté pour un hôtel cinq étoiles au bord de l'Océan Indien alors qu'ils joueront deux de leurs trois matches de poule à 1300 et 1400 mètres d'altitude, tandis que d'éventuelles demi-finale et finale auront lieu à Johannesburg, à 1750 mètres.
"Leur choix me semble osé, d'autant que les effets de l'altitude sont à la fois biologiques- avec une fatigue accrue -et techniques, puisque les trajectoires de balle seront modifiées", s'étonne Paul Robach, responsable du pôle de recherche biomédicale à l'Ecole nationale de ski et d'alpinisme, située à Chamonix.
Fatigue en fin de match ?
Même scepticisme pour Grégoire Millet, qui prévoit "un avantage particulièrement visible des équipes bien acclimatées en deuxième mi-temps, lorsque la fatigue se fera sentir", notamment "pour les milieux de terrain qui courent au moins 10 à 15 km par match".
Selon lui, l'idéal aurait été "de dormir entre 1200 et 1500 mètres, pour s'adapter à la raréfaction de l'air sans s'épuiser" et d'alterner entraînements intenses en plaine et séances plus techniques sur les hauteurs, une méthode éprouvée de longue date chez les sportifs d'endurance.
"C'est un modèle théorique, mais beaucoup de choses restent à établir pour les sports collectifs, puisque l'effort est un peu différent. Il y a beaucoup de sprints à répéter, d'où l'importance de conserver une bonne explosivité", nuance cependant le chercheur.
Plus favorable à la stratégie des Bleus, Véronique Billat estime justement que rester en plaine leur permettra "de s'entraîner fort et vite, d'éviter un "déconditionnement" musculaire et de mieux dormir", misant sur leur fraîcheur physique pour compenser une moindre acclimatation.
"Pour que ça marche, encore faut-il qu'ils montent en altitude trois jours avant un match pour surmonter la 'phase d'adaptation aiguë' " qui fera plonger leurs capacités, insiste la chercheuse, dont le préparateur physique des Français, Robert Duverne, est un ancien élève.
Or les Bleus n'ont affiché aucune intention de ce type pour l'instant, leur hôtel de bord de mer demeurant leur seul hébergement prévu pour l'ensemble du Mondial. La Fédération française de football (FFF) n'écarte pas la possibilité de changer d'hôtel en cas de qualification pour les huitièmes de finale.
fifa.com
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