Les variations de cotes : un véritable cours de bourse !

Variations de cotes

Qu'est qu'une cote ?

Avant de parler de variations de cotes, il est bon de rappeler ce que représente une cote.

Une cote correspond au coefficient multiplicateur de votre mise en cas de pari gagnant. Par exemple, une cote de 1,80 signifie que si vous misez 100 € sur un résultat et que celui-ci se produit, vous gagnerez 180 € (100*1,80) et votre bénéfice sera de 80 € (180-80).

Une cote sera toujours strictement supérieure à 1 sinon il serait impossible de faire un bénéfice avec votre pari.

On peut souvent lire qu'une cote représente une probabilité (plus exactement que l'inverse de la cote représente la probabilité de l'événement) mais on verra par la suite que ce n'est pas tout à fait vrai ! Par exemple, une cote à 1,80 correspondrait à 100/1,80 soit 55 % de chances que le résultat se produise.

Variation de cotes

Lorsque l'on débute dans les paris sportifs, on peut être surpris par une chose : les cotes fluctuent dans le temps et ne sont donc pas fixes ! Heureusement, contrairement aux paris mutuels (par exemple les cotes des chevaux au PMU), la cote que vous obtiendrez au moment de valider votre pari ne bougera plus ! (soit elle sera imprimée sur votre reçu de jeu, soit affichée sur votre bookmaker en ligne).

En effet, si vous jouez une équipe gagnante et qu'elle est cotée à 2,20, même si cette cote baisse à 1,90 à l'heure du match, votre gain sera calculé en prenant la cote de 2,20. Il en va de même si cette cote venait à monter et dans ce cas ça serait plus regrettable.

Pourquoi une cote peut-elle fluctuer ?

En observant les courbes des cotes sur des milliers de matches, on peut constater que les cotes évoluent pratiquement tout le temps et ce, même en l'absence d'information nouvelle sur la rencontre (blessure d'un joueur, cas de COVID-19, déclaration de joueurs ou de l'entraîneur, changement de météo, retards d'avion lors du déplacement, etc...).

On peut donc déjà se dire que la cote ne peut représenter uniquement la probabilité d'un résultat sinon elle resterait fixe au cours du temps et ne bougerait que ponctuellement suite à un événement significatif !

Qu'est-ce qui peut donc faire bouger ainsi la cote ? Tout simplement les mises des joueurs ! Ainsi, toutes les heures (ou même minutes), en fonction des mises enregistrées par le bookmaker, les cotes vont évoluer pour s'adapter au mieux au comportement des parieurs.

Si une grosse cote est proposée et qu'elle suscite trop d'engouement alors le bookmaker va réajuster celle-ci en la rabaissant de manière à réduire le risque si jamais le résultat surprise se produisait.

Enfin, il est aussi possible que la cote fluctue uniquement pour des raisons marketing afin d'attirer des joueurs. Le bookmaker peut en effet « booster » une cote à l'approche du match pour que les plus hésitants se décident à jouer ou encore pour se situer au-dessus de la concurrence à l'heure du match.

La cote peut donc fluctuer par rapport aux 4 points suivants :

- les événements impactant directement le match (joueurs blessés, sortie de la composition officielle, conditions météo prévues...)

- les événements autour du match (déclarations d'entraîneurs, problèmes de logistique...)

- les mises des parieurs au fil du temps et à l'approche du match

- la stratégie de cotation du bookmaker et les boosts sur certains résultats parfois symboliques (victoire de la France en Coupe du Monde ou du PSG en Ligue des Champions)

Plus un « marché » est gros, moins la cote est censée fluctuer par rapport aux mises des parieurs car la loi des grands nombres* va intervenir. Par contre, sur des petits marchés comme des matches de Beach Volley, un parieur qui va placer 1 000 € sur un résultat risque de provoquer à lui seul une forte fluctuation !

*Loi statistique qui appliquée aux mises signifierait qu'un grand nombre de parieurs vont jouer et donc lisser les comportements marginaux.

La cote d'ouverture et de clôture

Tout comme une action aura un cours d'ouverture (opening) et un cours de clôture (closing) dans une journée, on va également parler de la cote d'ouverture et de la « closing odds » pour un pari sportif !

Entre les deux, il y aura eu un tas de mouvements, plus ou moins nombreux en fonction de l'importance du match et de la durée de cotation.

La cote d'ouverture et la cote de clôture sont assez intéressantes à analyser.

La cote d'ouverture

La première cotation du bookmaker est toujours une donnée intéressante puisqu'il s'agit de la vision « pure » des coteurs (ou algorithmes de cotation), sans prise en compte de la moindre mise. Cette cotation prendra donc en compte les informations disponibles sur le match au moment de la cotation (joueurs blessés, suspendus...), la projection en probabilités que le bookmaker fait sur le résultat du pari et... l'estimation des mises qui seront placées sur chacun des résultats en fonction de la cote.

Si le bookmaker maîtrise assez bien les probabilités, le comportement des parieurs est lui plus difficile à prévoir même si des constantes existent.

En effet, les gros clubs (et clubs historiques) auront toujours la cote chez les parieurs, qu'ils soient en forme ou non. Ainsi, même si le bookmaker estime que Monaco n'est pas favori à domicile contre Reims, la cote d'ouverture de Monaco sera aux alentours de 1,8 car il sait que s'il cotait à 2,8 les mises seraient trop conséquentes sur le club de la Principauté et les pertes en cas de victoire monégasque trop importantes.

La cote de clôture

La closing odds est intéressante pour 2 raisons au moins ! C'est la cote qui aura pris en compte toutes les informations disponibles au coup d'envoi du match dont bien sûr la composition officielle de l'équipe, mais également c'est la cote avec laquelle on peut comparer notre propre pari et se dire si on a bien fait de jouer en avance ou non.

Bien sûr, la cote de clôture aura intégré les fluctuations liées aux mises des parieurs qui ne sont pas facilement prédictibles malgré l'expérience des bookmakers. A l'heure des réseaux sociaux et des tipsters/influenceurs, il suffit que 2 ou 3 tipsters proposent un même pari pour mettre dans l'embarras le bookmaker...

Battre la cote de clôture

Battre la closing signifie avoir joué son pari avec une cote plus haute que la cote de clôture. Dans ce cas, quoi qu'il arrive, on pourra se dire qu'on a bien fait de prendre le pari à l'avance (c'est une évidence).

Mais il ne faut pas se réjouir trop vite. Prendre une cote qui a baissé uniquement parce que les enjeux sur notre pari ont été supérieurs à ceux prévus par le bookmaker ne signifie pas que ce pari aura plus de chances de passer.

Par contre si des joueurs de l'effectif adverse se sont blessés entre temps, ou que l'entraîneur adverse décide au dernier moment de reposer des cadres, là c'est autre chose.

S'amuser à jouer longtemps à l'avance comporte pas mal de risques (incertitudes sur les compos, blessures, météo...) et notre cote même si elle peut sembler belle au moment de sa prise peut encore augmenter ou ne pas évoluer de manière significative. Alors à chacun d'adopter la stratégie qui lui convient.

Pour résumer, une cote qui monte ou qui descend ne présage en rien du résultat. Par contre il est incontestable qu'avoir obtenu une cote plus haute pour son pari que la cote de fermeture, et que ce pari était étayé par une analyse poussée, est un avantage à long terme.

Les variations de cotes en live

Les cotes en live représentent davantage les probabilités d'un résultat que les cotes pré-match. En effet, si dans un match de tennis un des 2 joueurs semble clairement moins en forme que d'habitude, la cote va rapidement s'ajuster car les parieurs eux aussi vont faire les mêmes observations que le bookmaker !

Certes, il y aura toujours une part de mises relatives à la notoriété des équipes/joueurs mais celle-ci sera moins importante en live qu'en pré-match.

Les cotes en live évoluent tout le temps (sauf peut-être pendant certaines pauses du match...). Dans les sports où le temps est limité (comme le football, le basket...), plus l'on se rapprochera de la fin de l'événement et plus une cote « actuellement correcte » baissera et a contrario les cotes « actuellement incorrectes » augmenteront.

Il est également évident qu'à chaque but, essai ou point marqué, les cotes sont ajustées. Au tennis (sport sans limite de temps), la cotation live bouge sans cesse puisqu'à chaque point le bookmaker recalcule ses probabilités...

Un cas d'école, les cotes du match Lens-Paris SG

Variation de la cote de Lens contre le PSG

Le match Lens-Paris SG du 10 septembre 2020 est un cas d'école puisqu'il permet de mieux se rendre compte de tous les paramètres agissants sur les cotes. La courbe ci-desous représente l'évolution de la cote de Lens.

Déjà, l'ouverture du marché s'est faite le lundi 31 août soit 12 jours avant le début du match. Il est assez rare d'obtenir des cotes aussi longtemps à l'avance pour un match de championnat ! Mais ce match constituait le premier match du PSG de la saison et il a été décalé en raison de la finale de la Ligue des Champions disputée par les Parisiens.

Ensuite, des cas de COVID-19 ont été révélés d'abord pour 3 joueurs (point A) le mercredi 2 septembre (Neymar, Di Maria, Paredes), puis 3 autres joueurs (point B) le jeudi 3 septembre (Marquinhos, Navas, Icardi) et enfin le cas de Kylian Mbappé (point C) le lundi 7 septembre.

La cote des Lensois, 9 à l'ouverture au ParionsSport, a donc fortement chuté à l'annonce de chacune de ces nouvelles si bien qu'elle a clôturé à 5 (soit une différence du simple au double sur les bénéfices éventuels d'un parieur).

Sur le graphique on peut observer les différentes baisses mais aussi les phénomènes de « rebonds » après une forte baisse à l'image d'une action en bourse. Descendue à un plus bas de 4,10 le mardi 8 septembre à 11h00, la cote est ensuite remontée doucement pour se stabiliser à 5 alors que depuis le cas de positivité de Mbappé aucune autre information notable n'a été diffusée.

Inversement, la cote du PSG a ouvert à 1,27 pour clôturer à 1,62.

Pour l'anecdote, le RC Lens s'est imposé 1-0 et la physionomie du match a donné raison à ce réajustement de cote. Même si la majorité des parieurs ont tout de même misé sur le PSG en 1N2, les bookmakers ont perdu de l'argent sur ce pari car environ 30 % des mises avaient été placées sur le club du Nord.

ParionsSport

ParionsSport

ParionsSport

ParionsSport