L'heure du Klassiker en Allemagne et la Juventus en terrain miné à Milan

En Ligue 1 les mals classés en mode rebellion, Nîmes et Toulouse peuvent rebondir.

En Ligue 1 les mals classés en mode rebellion, Nîmes et Toulouse peuvent rebondir.

Alors qu’on dépassera le tiers du championnat ce week-end à la suite de cette journée de Ligue 1 et avant une nouvelle trêve internationale à venir, l’avantage de recevoir sera un atout essentiel pour certaines formations peu ou prou mal classées. Si Nîmes et Toulouse peuvent en profiter, Rennes affronte des Canaris totalement retrouvés. En Europe, samedi après-midi, « der Klassiker » attirera tous les regards car le Borussia dispose d’assez d’atouts cette saison pour faire tomber des Bavarois bien trop poreux défensivement parlant ces derniers temps. Enfin, en Lombardie, où siège la Bourse italienne, les actions du Milan AC seraient un peu plus revalorisées si les joueurs de Gattuso parvenaient à résister aux avances de la Vieille Dame. Que de beauté !

Borussia Dortmund - Bayern Munich

Parier2,70Dortmund ou égalité et plus de 2.5 buts dans le match

La rivalité entre les deux plus grosses écuries allemandes de ces dernières décennies est exacerbée depuis le milieu des années 90, une époque au cours de laquelle le Borussia privait à plusieurs reprises le Bayern d’un sacre national. Depuis les années 2000 toutefois, Dortmund a hérité de trois titres là où le Bayern en a cumulé douze tout de même. Une situation disproportionnée en faveur du sextuple champion en titre.

Mais lors de cette première partie de saison, la donne a changé. Dortmund est invaincu en Bundesliga en dix journées (7 victoires et 3 nuls), une période au cours de laquelle il a inscrit pas moins de trois buts de moyenne par match. Il faut dire qu’avec Alcacer et Reus (13 buts en tout) les armes offensives du Borussia sont assez puissantes pour prendre à revers à l’heure actuelle n’importe quelle formation du championnat en cours.

Dès lors, le match face au Bayern pourrait bien confirmer cet état de fait. Le classique allemand est ces dernières années des plus alléchants pour les amateurs de ballon rond friands de buts. En effet, sur les six derniers duels depuis avril 2017, ce gros match outre-Rhin a vu à cinq reprises plus de 3.5 buts à la fin de celui-ci et une fois plus de 2.5 buts. Il est aisé de croire que cet entassement de filets tremblants n’est pas prêt de s’arrêter de sitôt. Les Bavarois, et c’est loin d’être dans leurs habitudes, restent sur six matches de Bundesliga où ils ont toujours encaissé au moins un but, signe d’une fébrilité inhabituelle du côté des équipiers de Franck Ribéry.

Certes, en Ligue des Champions mardi dernier, le Borussia a déçu, cédant sous les seize tirs des Colchoneros et face à un Griezmann volant, brillant et guidant la formation madrilène d’un bout à l’autre de la rencontre. Il faut oublier ce revers en forme de revanche pour les Espagnols qui avaient été humiliés en Allemagne. Car en championnat, Dortmund reste impressionnant. La dernière fois, à Wolfsburg, les leaders du championnat ont ainsi conforté leur statut en s'imposant sans forcer leur talent et comme souvent cette saison, en maîtrisant globalement leur sujet.

Dans le même temps, le dauphin des Borussen avant le coup d’envoi, le Bayern Munich accueillait Fribourg à l’Allianz Arena et Nico Kovac avait décidé de laisser Ribéry, Hummels et Müller sur le banc. En manque d’ingéniosité en attaque, le Bayern avait la possession du ballon sans que celle-ci soit productive face au mur érigé par Fribourg. Il fallait attendre la 80ème minute pour voir les Bavarois prendre enfin l’avantage avant de se faire surprendre dix minutes plus tard comme trop souvent cette saison. C’est sur cette fébrilité défensive que le mur jaune devra appuyer constamment et semble en mesure de faire mal aux Munichois dans un match à priori une nouvelle fois très fertile en buts.

Les compositions probables :
Dortmund : Burki, Hakimi, Zagadou, Akanji, Piszczek, Guerreiro, Reus, Sancho, Alcacer
Absents : Schmetzer (blessé), Burki et Diallo (incertains)

Bayern Munich : Neuer, Kimmich, Sule, Hummels, Alaba, Muller, Martinez, Rodriguez, Gnabry, Lewandowski, Ribéry
Absents : Coman, Tolisso, Alcantara (blessés), Robben (incertain)

Nîmes - Nice

Parier2,15Nîmes ou égalité et les deux équipes marquent

Aux Costières, il faut avoir les reins très solides pour résister aux poussées provoquées par les joueurs transcendés le plus souvent par une ambiance de feu. Même les Parisiens avaient éprouvé cet été les pires difficultés à se sortir du piège remarquablement tendu par des Nîmois souvent survoltés dans leur antre. Ainsi, défaits qu’une seule fois à domicile, les Crocos n’y ont encaissé que six buts mais n’en ont dans le même temps inscrit finalement que six également, restants sur trois nuls de suite face à des supporters auxquels ils manquent un beau succès afin de retrouver un vrai sourire.

Dernièrement, les Nîmois se sont pleinement rassurés en renouant enfin avec un succès qui leur échappait depuis la fin du mois d’août tout de même. A Dijon, Nîmes a su profiter de grosses erreurs individuelles adverses pour s’imposer très largement. Auteur d’une belle rentrée face à St Etienne, le Gabonais Bouanga confirmait ce jour-là qu’il retrouvait son meilleur niveau, après avoir ouvert le score en début de partie, il pesait aussi défensivement avant d’inscrire un doublé à l’heure de jeu. Bernard Blanquart avait donc des motifs de satisfaction à avoir d’autant plus que son équipe remportait également ce soir-là sa première victoire sans encaisser de but, plus facile quand tout le monde fait les efforts qu’il faut défensivement parlant. Bon pour le moral.

Voilà qui est donc de très bon augure avant d’accueillir des Aiglons eux aussi totalement retrouvés désormais. Titulaires de trois succès de suite, les hommes de Patrick Vieira ne sont pour autant pas au-dessus du lot, loin s’en faut. Face à Amiens, c’est même un petit miracle que les Niçois aient obtenu les trois points. Dans un match où tout fût laborieux, la mentalité et l’état d’esprit de certains joueurs restent très discutables. En souffrance les deux tiers du match, le Gym n’a finalement eu à sa disposition que deux actions franches face pourtant à la pire défense de Ligue 1, une équipe d’Amiens dominatrice qui était de plus décimée par les blessés. Les deux attaquants phares des Niçois ont ainsi eu des sautes d’humeur, ponctuées par une sortie où aucun des deux ne vint s’asseoir sur le banc, rentrant directement au vestiaire. Ambiance, ambiance ...

Toutefois, bien installés désormais à cinq derrière, les Aiglons ont récupéré une forte assise défensive qui ne sera pas de trop avant ce délicat déplacement aux Costières où ils risquent d’être chahutés une bonne partie de la rencontre. Le match devrait donc être prolifique en buts de part et d’autre sans pour autant voir les Nîmois être défaits chez eux, eux qui n’ont eu à concéder que trois défaites d’ailleurs depuis un an face à des fans ravis et qui aimeraient être totalement comblés ce week-end.

Les compositions probables :
Nîmes : Bernardoni, Maouassa, Landre, Briancon, Ripart, Bouanga, Valls, Savanier, Thioub Bozok, Guillaume
Absents : Valvidia et Diallo (blessés)
Nice : Benitez, Herelle, Dante, Sarr, Attal, Cyprien, Tameze, Boscagli, Srarfi, Balotelli, Saint-Maximin
Absent : Lees-Melou (incertain)

Toulouse - Amiens

Parier2,05Toulouse gagne

Voilà opposées deux formations à la recherche et de leur meilleur football et de points rapidement, Toulouse restant sur cinq points pris sur les vingt-quatre derniers possibles et sans succès depuis le premier septembre, là où Amiens a perdu ses trois ultimes sorties en Ligue 1 à l’extérieur.

C’est d’ailleurs bel et bien là où le bât blesse pour les Picards. Hors de ses bases, Amiens n’a pris qu’un petit point cette saison et n’a inscrit qu’un petit but. Pire, il ne s’y est plus imposé en Ligue 1 depuis avril dernier. Il y a toujours concédé au moins un but lors de ses cinq plus récentes sorties toutes compétitions confondues et on ne peut pas dire qu’il rassure même si son plus récent match perdu à Nice, ne reflète en rien la domination dont ont fait preuve les Picards ce jour-là. Mais les fait sont là, les Amiénois ne parviennent pas à survivre dès qu’ils voyagent, souffrant trop souvent d’un manque d’efficacité dans leurs temps forts, ne parvenant pas à pallier le nombre d’absents importants notamment en attaque où le meilleur buteur d’Amiens la saison dernière (13 buts) et artisan du maintien des Picards en Ligue 1, Moussa Konaté, manque énormément, lui qui doit faire face à une désinsertion musculaire au niveau de l'adducteur gauche qui va le tenir éloigné des terrains jusqu’en 2019 ... Coup dur.

Dès lors, l’aubaine semble belle pour le Téfécé afin de confirmer un bon nul arraché à Strasbourg où il n’est pourtant jamais aisé de repartir vivant. Ce soir-là, les Toulousains offraient un bloc bas pour fermer les espaces, ils avaient su résister jusqu’à l’heure de jeu, craquant sous les 70% de possession du ballon adverse, les trente-trois centres dans le jeu et les seize tirs de Strasbourgeois dominateurs. Mais ils eurent aussi le mérite de ne jamais baisser les bras et de faire briller une nouvelle fois Max-Alain Gradel, lui qui est impliqué dans 64% des buts de Toulouse en Ligue 1 (4 buts, 3 passes décisives sur les 11 buts de son club). Courageux, solidaire et gagné par l’esprit de sacrifice, le Téfécé a ainsi rapporté un point important de l’Est qui en dit long sur l’état d’esprit des hommes d’Alain Casanova. Confiants pour la réception d’Amiens, les Toulousains ne demandent qu’à confirmer cet état de fait, ce que de piètre Picards à l’extérieur pourrait offrir sur un plateau. Gourmand.

Les compositions probables
Toulouse : Reynet, Moubandjé, Jullien, Todibo, Moreira, Bostock, Mbia, Gradel, Garcia, Dossevi, Iseka
Absents : Sanogo et Sangaré (blessés)
Amiens : Gurtner, Krafth, Prince, Adénon, Lefort, Monconduit, Gnahore, Otero, Bodmer, Ganso, Ghoddos
Absent : Zungu (blessé)

Rennes - Nantes

Parier3,25Match nul

Est-ce réellement le derby breton ce Rennes – Nantes ? Oui mais non - Bien que Nantes ne soit plus administrativement parlant en Bretagne, le derby breton reste d’actualité même si le derby de l’Ouest serait plus approprié car depuis l'après-guerre, si Rennes est la capitale actuelle de la Bretagne, Nantes est celle "Historique", car elle ne fait plus partie de la région administrative bretonne depuis les années 1950. Peu importe. Distantes d’une bonne centaine de kilomètres, ces deux formations éclectiques de l’élite entretiennent certaines inimités flagrantes souvent dans ce duel électrique et très serré.

Rennes fait face à un triptyque inquiétant avec Caen – Kiev et Rennes au programme. En s’imposant en Normandie la dernière fois, les Rouges et Noirs ont mis les pieds dans le plat entrant pleinement dans la difficile semaine qui les attendait. A Caen, les hommes d’un Sabri Lamouchi sous pression ont répondu présents aux choix forts faits par le tacticien breton. Bien lui en a pris puisque cette orientation nouvelle lui a donné raison. En proposant un onze totalement inédit, le pari de Lamouchi était risqué. Mais cette redistribution des cartes faisait l’effet désiré. Tomas Koubek récupérait ainsi sa place dans les cages rennaises, Zeffane filait latéral droit alors que Jakob Johansson héritait d’une première titularisation en Ligue 1, là où les réels choix étaient proposés du côté de l’avant avec l’option prise de titulariser Romain Del Castillo et Adrien Hunou. Une unité retrouvée et visible lors du second but rennais où toute l’équipe s’est précipitée sur le banc, englobant l’entraineur dans sa liesse ... Vous avez dit solidaire ?

Il faudra assurément ne faire qu’un encore face à des Canaris qu’on arrête plus, ayant totalement adhéré à l’esprit japonisant d’un Vahid Halihodzic fidèle à ses valeurs. Car il ne faut pas rêver, Coach Vahid est arrivé en Loire-Atlantique avec des idées bien infirmées par une carrière réussie. Alors que les Nantais végétaient dans les profondeurs du classement il y a encore un mois et ne comptaient qu’un succès en huit matches, ils viennent d’enchaîner quatre victoires toutes compétitions confondues. Miraculeux.

Mais le Bosnien n’en est pour autant pas un magicien. A 66 ans, l’homme providentielle de Nantes avait déjà marqué les esprits lors de son passage au LOSC (1998 / 2002) mais aussi lors d’expériences plus ou moins fructueuses aux quatre coins de la planète par la suite. Et le mur jaune est réceptif à cette gestion, lui qui a rendu les cinq buts offerts par son équipe face à Guingamp par une ambiance digne des plus grandes soirées des Canaris. Coach Vahid ne fait que son travail mais il le fait bien, inculquant quelques valeurs japonaises. Ainsi, travail, ponctualité et rigueur sont les trois mamelles à la base de tout. Depuis son passage à Tokyo, il pense que la discipline libère à juste titre le collectif et son équipe le démontre chaque semaine en se lâchant totalement, s’inscrivant notamment durablement dans la défense adverse, prenant sa chance dès qu’elle passe ...

Dès lors, au sein d’un derby qui s’est terminé par un nul dans la moitié des cas depuis novembre 2014, il ne serait pas surprenant que celui de cette saison soit suffisamment serré pour que les deux équipes présentes sur le terrain se satisfassent de repartir dos à dos une nouvelle fois.

Les compositions probables :

Rennes : Koubek, Zeffane, Silva, Gelin, Traoré, Grenier, Johansson, Bourigeaud, Castillo, Niang, Sarr
Absents : Bensebaini (suspendu), Baal, Danzé, Diallo (blessés)

Nantes : Tatarusanu, Kwateng, Carlos, Pallois, Lima, Touré, Girotto, Rongier, Boschilla, Sala, Limbombe
Absent : Fabio (incertain)

Milan AC - Juventus Turin

Parier3,00Moins de 1.5 buts

A Milan, si la Bourse y siège, les actions milanaises sont en hausse sur le terrain et pourraient encore prendre un peu plus de valeur si les joueurs de Gennaro Gattuso parvenaient à résister au septuple champion en titre de Serie A. C’est ce qui leur sera demandé à San Siro ce week-end et une possibilité à envisager.

En effet, les Milanais n’ont toujours pas perdu cette saison en Serie A à domicile y cumulant quatre succès et un nul. Certes, les adversaires n’étaient assurément pas du même acabit que cette Vieille Dame mais qui est finalement à la hauteur ces dernières années de la Juve ? Toujours est-il que l’AS Rome, le Genoa, la Sampdoria et le Chievo sont repartis bredouilles de Giuseppe Meazza où seul le Betis en Europa League a su s’imposer depuis le début de la saison 2018/2019.

Pour autant, dans son antre depuis avril, les Milanais ont toujours encaissé au moins un but toutes compétitions confondues à chacune de leurs dix dernières sorties depuis cette date face à leurs supporters ; une solidité à double tranchant donc. Touché au dos contre l'Udinese dimanche dernier, l'attaquant Gonzalo Higuain reste incertain malheureusement pour celui qui a marqué 5 buts en 9 matches.

Toutefois, il faudra être assurément très fort tactiquement et bien en place face aux Turinois. La formation de Cristiano Ronaldo n’a en effet encaissé qu’un seul but lors de ses cinq plus récentes victoires à l’extérieur, une force collective défensive due notamment à la solidité éprouvée des Szcezsny, Bonucci et autres Chiellini, Pjanic ou Matuidi. Invaincu depuis avril, c’est donc avec une confiance inébranlable que la Juventus va effectuer les cent-quarante kilomètres qui la séparent de la capitale lombarde.

Au cours de cette rencontre serrée, il se pourrait donc bien que les défenses prennent le pas sur les attaques et que moins de deux buts soient inscrits comme à cinq reprises lors des huit plus récentes venues de la Juventus sur les terres milanaises. Fermé.

Les compositions probables :
Milan AC : Donnarumma, Rodriguez, Romagnoli, Musacchio, Abate, Laxalt, Bakayoko, Kessié, Suso, Cutrone, Higuain
Absents : Strinic, Caldara, Calabria, Biglia (blessés)
Juventus Turin : Szczesny, Cancelo, Bonucci, Chiellini, Sandro, Khedira, Pjanic, Matuidi, Dybala, Ronaldo, Mandzukic
Absents : Can et Kean (blessés)