Article sur le Dopage: Dopage STOP!
Halt à l'hypocrisie
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Dopage STOP!

 
 
Depuis que le sport a été inventé, la tentative (et tentation) de mieux faire a toujours hanté les sportifs, et passionné les spectateurs et téléspectateurs. De plus, la nature même de l'homme, et le pouvoir de l'argent, on comprend très vite ce qui peux se passer dans  
a tête de plus d'une personne... Depuis 10 ans
je crie haut et fort que le milieu sportif est pourri par le dopage, et que quelle que soit la compétition à laquelle on assiste, on a plus de 90% de chances (ou de risques) de regarder un spectacle truqué, de par tous les artifices que l'on peut imaginer.

Il existe plusieurs façons de tricher dans le sport, et donc on retrouve tout naturellement ces différentes façons lorsque le scandale éclate, suite aux longs silences souvent complices. La corruption a eu son heure de gloire, mais fait entrer trop d'intervenants pour être suffisamment discrète. Le dopage lui a l'avantage de n'engager que le joueur qui triche, plus le médecin ordonnant (qui de part sa profession est lié au secret médical) et quelques fois l'entraîneur. De plus, il ne va pas laisser de traces au niveau comptable, bien qu'il en laisse sur l'organisme.

 
 
Tous les sportifs de haut-niveau se dopent, quel que soit le sport pratiqué
 

Lorsque l'on sait que certaines personnes se dopent à des niveaux régionaux (j'ai pu discuter avec certaines de ces personnes), alors que le gain se limite à une petite coupe, il est légitime de penser que lorsque les millions sont en jeu, ça se bouscule au portillon. Longtemps, le dopage a été camouflé derrière quelques sports bouc-émissaires, afin de blanchir tous les autres sports. Je parle notamment du Body-Building et de l'haltérophilie, qui sont des évidences même, puisque le cliché principal est que plus les muscles sont gros, plus le sportif est dopé. C'est d'ailleurs ce qui a coûté cher à Ben Johnson, car là encore, c'était 'visible' à l'oeil nu.

Mais le dopage existe sous mille et une formes, et au fil des années de nouveaux sports touchés par le fléau se dévoilent. Le cyclisme en est l'exemple récent, même si on ne dit toujours pas que 100% des coureurs qui finissent un tour de France utilisent des substances interdites. Les pauvres naïfs qui ne se dopent pas à ce niveau ne voient jamais le bout du tour, car ils n'arrivent jamais dans les temps.

 
 
Des records sont battus tous les jours et cela n'etonne personne
 
Aujourd'hui, les records tombent de plus en plus vite, et au lieu de susciter le doute, on parle de techniques d'entraînement, et de matériel qui se perfectionnent. En effet, tout le monde sait que ceci explique les moyennes de vitesse sur un Tour de France qui passent de 28 km/h an début du siècle à 40 km/h aujourd'hui, alors que dans le même temps la distance totale de la boucle a bien dû doubler. Peut-être que dans l'esprit de tous, les techniques d'entraînement et de préparation intègrent tout naturellement la médicamentation?

La fréquence des compétitions et des matches fait qu'aujourd'hui un sportif bien entraîné ne peut suivre le rythme, surtout si on rajoute à tout cela des décalages horaires, un stress excessif, et des enjeux toujours plus importants. Le talent ne suffit plus aujourd'hui pour faire rêver, le spectateur en veut toujours plus, tant dans les performances, que dans la fréquence. On constate même que la durée d'une carrière sportive diminue, et le phénomène ne va qu'en s'accentuant. Les footballeurs prennent de plus en plus leur retraite à 32 ans, alors qu'avant c'était plutôt 36. Il y a deux explications à cela, intimement liées. Les sommes d'argent gagnées permettent maintenant d'être tranquille beaucoup plus tôt, donc on s'arrête plus tôt.

Mais je dirais que tout sportif normalement constitué (et nourri) ne s'arrête jamais parce qu'il a amassé une bonne somme d'argent. L'exploit prime sur l'argent que l'on gagne, sauf que pour aboutir à cet exploit des sacrifices démesurés sont nécessaires. Et là je ne parle pas de l'hygiène de vie qu'un sportif doit avoir, puisque le dopage est bien pire que tous les autres excès. Son effet à court terme est illusoire, car il détruit littéralement l'organisme à long terme. Afin d'éviter une trop grande altération de son organisme, le sportif se doit d'arrêter assez tôt, pour éviter une mort prématurée. Certains vont avoir un cancer de la prostate ou des testicules à 25 ans, mais cela ne va alerter personne. D'autres fois, ce sont les enfants de ces sportifs qui vont subir les conséquences des actes de leurs parents.

 
 
L'hypocrisie générale des médias et des sponsors
 
Lorsqu'un sportif est pris sur le fait, il clame tout de suite son innocence. Et il a raison. En effet, pourquoi lui plutôt qu'un autre? Après tout? Il n'a rien fait de plus ni de moins que son petit voisin, qui joue dans la même équipe. Il n'a simplement pas eu assez de chances, car il faut bien de temps en temps attraper quelqu'un pour montrer que les instances de contrôles font bien leur travail. La personne que l'on va prendre est en général une personne pas trop médiatisé et qui ne représente pas le plus haut du sport associé (Arribagé, Guérin et Garcion ne sont pas en équipe de France). Ceci afin de laisser croire que l'on pas besoin de se doper pour être premier. Lorsque le cas se produit, c'est à dire lorsqu'une personne de très haut se fait prendre, c'est qu'elle a manqué d'appuis de la part des dirigeants, et qu'il y a une petite vengeance derrière tout ça (Diego Maradona, Djamel Bourras, Ben Johnson, ...). Les commissions se font également un plaisir de suspendre des joueurs pour usage de Cannabis, alors que ce ne sont pas les vrais substances qu'il faut déceler... Ainsi, Lama et Barthez ne sont pas aujourd'hui des joueurs dopés aux yeux du public.

De manière générale, on peut tout de même dire que les sportifs qui se font prendre sont des sportifs qui ont abusé des substances dopantes, car le dopage de récupération et de préparation (utilisation modérée) et plus qu'admis. Par contre, à partir de 10 fois (ou même 20 fois) la dose, c'est là que le risque devient grand (de se faire prendre, et surtout pour sa santé).

 
 
La coupe du Monde de Football, 32 équipes dopées?
 
Non! 16 seulement... Comme pour toute compétition, les sportifs doivent gérer leur capital dopage. Les équipes qui ne vont que participer à l'événement (sans chance de gagner) ne vont pas trop se doper, car cela n'aurait que des inconvénients. C'est exactement comme l'équipe qui dans une Coupe d'Europe va battre un grand club après un match très intense, et qui va être méconnaissable une semaine après en championnat (et ce n'est sûrement pas la motivation qui en est la cause, mais l'état physique du au contre-coup de l'effet dopant).

A quarante jours de la Coupe du Monde, je ne sais pas quelle va être la politique de contrôle et de prévention par rapport au dopage lors de cette compétition, mais moi je sais que je vais assister à partir des huitièmes de finale à des matchs avec au moins 22 joueurs dopés (au moins par la foule :-) , même si ce sujet n'est pas drôle en soi, surtout pour ces pauvres sportifs).

 
 
Pour plus d'informations: le site de lutte contre le dopage: http://www.fpva.org/
 
 

Nadim Noureddine, le 1 mai 1998