de Wanafab » Lun Oct 15, 2007 10:14
Revue de Presse
"Les funambules finissent toujours par tomber". Dans l'édito de L'Equipe, Michel Dalloni rappelle que les Bleus étaient partis du mauvais pied dans ce Mondial, le leur. Qu'ils "ont transformés en marathon de la douleur ce qui devait être un sprint glorieux". En s'époumonant à refaire surface, les Français ont certainement laissé trop de jus. Un handicap de taille face aux rugueux combat imposé par les Anglais. "Les regrets vont être éternel, ajoute Christian Jaurena dans le quotidien sportif. Pas sur le mérite des Anglais d'avoir maté leurs adversaires, mais sur le plan de jeu choisi, buté et obtu, par les hommes de Bernard Laporte".
L'histoire se répète comme en 2003 ou en 1995. Mais cette défaite pourrait bien laisser plus de traces. "Cette demi-finale perdue attise mille fois plus de regrets que les échecs précédents, reprend L'Equipe. Parce que cette Coupe du monde s'appelle France 2007 et que les Bleus avaient fini par convaincre tout leur peuple que leur ambition de devenir champion du monde était légitime". Jeunes Bleus comme anciens, "tous devront vivre désormais avec l'immense amertume d'avoir laissé passé la chance de leur vie".
Un même "Rageant!" barre la une du Parisien et du Journal du Dimanche. Pour le quotidien de la capitale, une photo de Sébastien Chabal, qui semble tout droit sorti d'un tableau de Delacroix, montre le 2e ligne les yeux fermés tendre le bras vers un avant anglais dans les airs pour tenter de lui ravir un ballon paraissant inaccessible. "On n'a pas eu la bonne stratégie, on aurait peut-être dû plus ouvrir...", lâche-t-il.
Plus terrible encore, le cliché du même Chabal à terre les yeux hagards, illustrant l'impuissance des Bleus face à un XV de la Rose qui les prive de "leur" finale quatre ans après un scénario identique à l'autre bout du monde du côté de Sydney. Cette fois, pas de pluie, mais le ciel des Bleus est resté couvert, ne laissant pas de place à l'éclaircie tant attendue.
Pour le JDD, en pages intérieures, "l'Angleterre met fin au grand rêve en bleu" et "Jonny leur a fait mal". Le N.10 anglais Jonny "Wilko" Wilkinson a encore fait parler la poudre avec neuf points au compteur, dont une pénalité et son arme fatale, un drop assassin à deux minutes du coup de sifflet final, tout cela en six minutes. "Les Anglais brisent le rêve de tout un peuple", pour Le Parisien. Evoquant les 70.000 à 80.000 supporteurs français rassemblés au Champ de Mars au pied de la tour d'Eiffel qui va cesser de scintiller ce dimanche, il raconte: "A Paris, on a chanté puis déchanté".
Et pour Bernard Laporte, l'entraîneur des Bleus, plein d'amertume, cette Coupe du monde "n'est pas ratée, pas gâchée, mais pour nous elle n'est pas réussie. C'est un échec" dans Le Parisien et le JDD.
Dans le Sud-Ouest, terre de rugby s'il en est le long des deux rives de la Garonne, la Dépêche du Midi à Toulouse fait part de sa "cruelle déception" en titre et met en avant des "Anglais réalistes". Un gros plan sur Chabal, les yeux dans le vague, face à un "mur" anglais. "The End" introduit le cahier spécial rugby du quotidien de la Ville rose. Du côté de Bordeaux, "Que c'est dur!" choisit pour sa une Sud-Ouest qui voit que "le rêve bleu est brisé" dans un "match de canonniers et (une) bataille des airs" avec des Français finalement "cuits à l'étouffée".
Sur la Côte d'Azur, tellement appréciée des Anglais que Nice leur a offert une promenade, les journaux du groupe Nice-matin font un constat amer avec un simple "c'est fini". Vers Marseille, qui a si souvent réussi au rugby français, la Provence titre "Oh, Nooooo!", au-dessus d'une photo de Chabal, accroupi, la tête vers le sol, et la Marseillaise d'évoquer "la Grande Désillusion".
Pour le Progrès de Lyon comme pour beaucoup d'autres tels la Voix du Nord, "le rêve est brisé" et un "Damned!" barre la première page du cahier sport avec l'évocation d'une nouvelle visite "au cimetière des illusions" pour un XV de France "tombé les armes à la main, certes, mais une nouvelle fois incapable d'aligner deux coups d'éclat d'affilée".
Dans l'est de la France, le Républicain Lorrain écrit sur "le scénario du pire" et qualifie les représentants de Sa Majesté de "tueurs de rêve" et "ça fait mal". Plus lyrique encore avec ce "France, tu as fendu le coeur de tous tes fidèles". L'Est Républicain ne fait pas dans le détail avec sa une "La fin du monde" et l'enfer symbolisé par "ce diable de Jonny Wilkinson, encore lui, qui a crucifié les Bleus" et de poursuivre à coups de "Cruel. Horrible. Cauchemardesque". "La cruelle déception" des Dernières Nouvelles d'Alsace pour des Français "battus au champ d'honneur et l'Alsace, sur un ton plus léger, "Rugby: c'est la rose l'important" et "des épines plein les doigts" pour les joueurs de Bernard Laporte.
Ouest-France veut retenir la fête, plus que la défaite. "La France s'est prise de passion pour un sport qui a fait chanter son particularisme sur tout le pays. Personne n'a échappé à cette ferveur générale qui a marié les générations, les sexes, les milieux", écrit le quotidien. "En moins de six semaines, le football a pris un sacré coup de vieux avec son style cadenassé, son spectacle rabougri, ses joueurs ennuyés et ennuyeux". Il reste encore une "consolante", selon ses propres mots, à l'entraîneur du XV de France avant de rejoindre le secrétariat d'Etat aux Sports. Une "petite" finale que la France espérait grande et dont il faudra de tenter de sortir la tête haute au Parc des Princes vendredi contre des Pumas "déjà vus" ou des Springboks "déçus".
"L'Angleterre part à l'assaut de la finale de la Coupe du monde", écrit le Sunday Times. "Par une soirée parisienne dans une ambiance dramatique, insoutenable, l'Angleterre a défié le sort et signé l'une des plus grandes victoires du pays pour atteindre sa troisième finale de Coupe du monde", écrit David Walsh. "Le match a été remporté par le pied gauche magique de Jonny Wilkinson et le courage inébranlable de l'équipe tout entière", a-t-il ajouté.
"Quel jour ! Quel match !, Quel résultat !", s'enthousiasme en une le journal The Independent. De son côté le tabloïd dominical The News of the World a attribué un dix sur dix à l'ensemble de l'équipe anglaise, y compris les remplaçants tout en soulignant malgré tout que Lawrence Dallaglio et Toby Flood avaient été"discrets".
"Fierté d'une nation" a titré pour sa part le Sunday Express. "Wilko vire les Français", a-t-il écrit. "L'affrontement de tous les affrontements n'a sans doute pas produit un rugby géométriquement parfait ou d'un développement clair mais pour ce qui est d'une pure intensité à couper le souffle et d'un sensationnel retournement à la fin, la nuit dernière au Stade de France a été délirante", écrit Neil Squires.
Source : france2.fr